medialex; Zeitschrift für Kommunikationsrecht. Revue de droit de la communication. Stämpfli AG, Publikationen, Medienautomation, Bern.

medialex 1/2006 vom 03.03.2006

Questions-réponse
Fragen & Antworten


Je dirige une station de TV locale. Les finances vont plutôt mal; et c’est avec joie que j’ai accueilli la proposition de campagne publicitaire que vient de me faire un fabriquant de skis: trois panneaux présentant sa nouvelle gamme de produits seraient intégrés au décor de l’émission la plus populaire de mon programme, un talk-show réunissant des sportifs locaux. Bonne idée, non?

Pas du tout! Ce que l’on vous a proposé n’est ni plus ni moins que de la publicité clandestine, une technique abusive qui est bannie des écrans (art. 15 Ordonnance sur la radio et la télévision). Elle consiste en effet à parsemer une émission régulière de messages commerciaux directs ou indirects (logos ou marques de produits). Or, en Suisse comme à l’étranger, parties publicitaires et parties éditoriales doivent être strictement séparés. A défaut, les règles limitant la durée des messages publicitaires seraient aisément contournées. Plus grave, le téléspectateur ne saurait plus où il se trouve et risquerait d’être manipulé. L’Autorité indépendante de plainte radio-TV ne fait d’exception que pour les références commerciales nécessaires pour créer un environnement réaliste (décision Swissdate du 10 décembre 1999); par exemple, un sitcom qui se déroulerait dans le milieu de la jet set pourrait montrer une Rolls-Royce. L’exception a donc une portée très limitée: autant l’oublier dans votre cas.